« Après avoir été enfermé de longs mois dans ce triste et abominable établissement de Dole dont il me serait trop long de t'énumérer toutes les orgies infâmes que j'ai vu s'y passer j'ai été remis à mon pays. Le directeur m'avait fait promettre d'être tranquille en route, mais il savait le pourquoi... »

Joseph Vacher

8 juin 1897 « lettre à Louise »


Prochaines dates

Le 24 mai 2018 à Bourg-en-Bresse (01), salle le Vox à 20h30
Renseignements et réservations au 06 16 07 48 52

Le 25 mai 2018 à Courzieu (69) à 20h30 - Renseignements-réservations 06 16 07 48 52

Distribution

Texte : Olivier Brun

Mise en scène : Olivier Brun

Assistanat mise en scène : Céline Brosselin

Interprétation : Gilles Feuvrier, Olivier Brun

Création vidéo : Franck de los Rios

Musique : Violoncelle : Elodie Poirier

Guitare : Franck de los Rios

Chant : Denis Vanderhaeghe

Scénographie : Olivier Brun

Régie : Franck de los Rios

Chargée de production : Patricia Chetrit

Partenaires

Cette pièce à été réalisée en partenariat avec la Bibliothèque Départementale de l'Ain dans le cadre du programme "Interlignes", sur une idée des Archives Départementales de l'Ain et du Tribunal de grande Instance de Bourg-en-Bresse.
(Dossier "l'affaire Vacher" aux archives de l'Ain)

Résidence création : Théâtre du Nouveau Monde - 01500 Saint-Denis en Bugey -septembre-octobre 2017

L'histoire

1897 : la France terrorisée l'avait surnommé le "Jack l'Eventreur du Sud-Est" ou encore "le tueur de bergers". Joseph Vacher fut le plus grand des tueurs en série des temps modernes : de 1880 à 1897, ce vagabond aurait commis plus d'une centaine de crimes abominables dans tout le quart sud-est du pays : au cours de l'instruction conduite par le juge Emile Fourquet de Belley, Joseph Vacher a avoué 11 meurtres où il égorgea, éventra, viola, mutila jeunes bergers et bergères. La France entière a suivi avec une fascination extrême l'affaire Vacher, ce « monstre » qui se vantait d'avoir deux balles dans la tête et déclarait « je suis ou un grand sauveur ou un grand martyr, un grand élu du ciel puisque Dieu a demandé, a permis tant de sacrifices du pauvre monde pour me guérir de ma maladie ».

Ce sanglant fait divers est devenu au fil des ans une histoire mythique qui a laissé des traces dans la mémoire collective. Dans les villages où Vacher a sévi, les vieux ont tous une histoire à raconter dont parlaient leurs grands-parents, de celles qu'on raconte aux enfants pour leur rappeler d'être prudents sur les chemins de campagne !

L'instruction, menée par un juge ambitieux et tenace, révéla les failles du système judiciaire français, et notamment l'organisation des forces de police. La conduite de son enquête allait poser les bases de ce que sera la police moderne : centralisation des données, recoupement au niveau national, établissement du profil du tueur (apparence, mode opératoire), analyse des scènes de crime, intervention des expertises scientifiques, communication avec la presse à des fins stratégiques.

Cependant une question reste encore en suspens : après avoir été interné dans deux asiles, puis libéré, étant considéré comme guéri puis ayant commis des crimes si abominables que nul être « normal » ne pourrait même les imaginer, il a été jugé responsable de ses actes et guillotiné en place publique... Quel moyen a la société de respecter l'individu tout en se protégeant de la folie meurtrière ?

Le choix artistique

C'est dans le cadre de l'événement « Justice dans l'Ain » que la Compagnie par Monts et Merveilles a reçu commande d'un spectacle sur l'affaire Vacher, la plus emblématique affaire criminelle du département. Je me suis alors plongé dans le dossier d'instruction et dans le livre du juge d'instruction Émile Fourquet pour créer une œuvre originale. Un face-à-face entre le juge et l'assassin, comme dans le film éponyme de Bertrand Tavernier.

Au niveau théâtral, cette affaire sonne comme une évidence dramaturgique. Tout est réuni :

- le pouvoir et la justice avec un jeune juge ambitieux ;

- la misère et le crime avec un vagabond assassin;

- l'énigme et le suspens des affaires non résolues ;

- l'anticonformisme de l'interrogatoire ;

- la modernité des méthodes utilisées : profilages, expertises médicales et psychiatriques ;

- le retentissement médiatique et ses affres ;

- les enjeux politiques.

Le tout sur fond de fin de 19ème siècle : un contexte de crise sociale face aux dérives de la révolution industrielle qui laisse plus de 400 000 « chemineaux » vagabonds aux portes des villes où ils sont interdits, errant dans les campagnes en quête de travaux saisonniers. Une fièvre politique avec l'émergence du socialisme, les attentats anarchistes, l'affaire Dreyfus... Un souffle littéraire, la littérature sociale bien sûr, Hugo, Zola, mais aussi la littérature fantastique, Stevenson, Stoker, Maupassant qui vient ébranler le manichéisme Victorien en introduisant l'idée de personnalité multiple où se mêlent le bien et le mal ; tandis que la médecine, elle, part à la découverte du fonctionnement du cerveau humain sur les pas de Jean Martin Charcot, Sigmund Freud...


« La folie affichée et revendiquée par l'accusé est troublante. Vacher arrive à générer autant de haine que d'empathie, il est dans l'incompréhension de sa folie criminelle. Et la question qu'il soulève n'a pas changé. En sous-texte, on perçoit que le droit n'a pas été respecté dans cette affaire. On a préféré lui trancher la tête plutôt que de l'enfermer. La question de la folie dans notre société reste très actuelle. »

Olivier Brun, metteur en scène

La mise en scène

Partis pris

Nous nous intéresserons exclusivement à l'instruction menée par le juge Emile Fourquet et plus particulièrement à l'interrogatoire de Joseph Vacher afin de faire revivre au public ce terrible huis-clos, le face à face du juge et de l'assassin.

Deux comédiens sur scène : le juge Emile Fourquet et le suspect Joseph Vacher. L'histoire commence en juin 1897 lorsque le juge d'instruction fait le rapprochement entre la découverte d'un nouveau crime et un dossier classé sans suite dans sa circonscription et se termine en août 1898 avec la clôture de l'instruction et la mise en accusation de Joseph Vacher. L'action principale se déroule dans le bureau du juge d'instruction, il est en plein travail, il mène son enquête, réunit des informations, les confronte. Il partage son raisonnement, ses déductions, ses questions, soutenu par la projection en transparence des dossiers sur lesquels il travaille. Ainsi chaque spectateur se fait le Watson de notre Sherlock, l'accompagnant pas à pas dans ses découvertes macabres, il se fait le témoin derrière le miroir lorsque Fourquet reçoit son prisonnier dans son bureau ou lui rend visite dans sa cellule pour d'étranges tête à tête. Une relation complexe, insolite va se nouer entre les deux personnages au fil des rencontres et la confiance de l'assassin en « son juge » le perdra...

Scénographie

Décor dans la profondeur, sur 4 plans (7m x 5m)

Avant-scène : un « coin » de forêt campement de Vacher avant son arrestation.

Premier plan : projection vidéo des éléments d'archives.

Second plan : le bureau du juge d'instruction Fourquet.

Troisième plan : la cellule de Joseph Vacher.

Nous proposons, à travers ce dispositif, une plongée dans le document d'archive, laissant voir au travers, derrière le document, la situation jouée, vécue.

Le décor est donc composé d'un tulle blanc en avant-scène, soutenant la projection vidéo et faisant disparaître ou apparaître les scènes jouées en arrière-plan.

Un second tulle noir sépare (au milieu face-fond) le bureau du juge et la cellule de l'assassin afin d'utiliser le même dispositif d'apparition-disparition.

La reconstitution du mobilier est réaliste (bureau, chaise...).


Costumes

Fidèles aux photos d'archives.

Note de jeu

L'intention de jeu sera portée sur une incarnation réaliste la plus fidèle possible aux personnages, tant dans l'état que dans l'apparence physique.

Objectif

Faire revivre le suspens et les tensions de l'enquête, permettre au public de faire son propre cheminement en avançant aux côtés de l'enquêteur.

Révéler un huis-clos théâtral prenant.

Ce qu'ils en disent

Le Progrès, 16 décembre 2017
https://c.leprogres.fr/ain-01/2017/12/16/vacher-le-tueur-de-bergeres-ressuscite-sur-scene

AIN

Vacher, le tueur de bergères, «ressuscité» sur scène

Samedi 16 décembre à l'espace culturel La Passerelle de Trévoux, la compagnie « Par Monts et merveilles » a fait revivre sur scène l'histoire de Joseph Vacher, considéré comme le premier tueur en série français, à la fin du XIXe siècle. Il a sévi dans la plupart des départements de la région, Ain, Rhône, Loire, Haute-Loire, Ardèche, Drôme, Savoie, avant d'être condamné et guillotiné à Bourg-en-Bresse en 1898.

La folie de Vacher, son errance, et son face à face avec le juge d'instruction Emile Fourquet ont été habilement transposés sous forme théâtrale par Olivier Brun qui a écrit la pièce en puisant dans le livre écrit par le juge de Belley et dans le dossier conservé aux Archives départementales de l'Ain. Olivier Brun y incarne un tueur de bergères plus vrai que nature, bonnet en fourrure de lapin sur le crâne, visage grimaçant, en partie paralysé par les deux balles qu'il s'était logées dans la tête. Un Vacher qui voudrait retourner à l'asile d'où il avait été libéré avant son errance sanglante à travers la France, mais qui se heurte à un juge prêt à tout pour l'envoyer à l'échafaud, campé avec aisance par le comédien Gilles Feuvrier.

La mise en scène, inventive, mêle les face à face dans le bureau du juge ou dans la prison, et les projections, sur un voile transparent devant la scène, de pièces du dossier d'instruction ou d'articles de journaux. Un procédé qui dynamise le jeu des acteurs et plonge le spectateur tour à tour dans la traque du « Jack l'éventreur du sud-est » puis dans la relation complexe qui s'est nouée entre les deux hommes, abondamment commentée par la presse de l'époque.

Après trois représentations dans l'Ain, la pièce doit maintenant être jouée l'été prochain dans la douzaine de villages de la région dans lesquels Vacher a commis un crime et l'a avoué au juge, des lieux où la mémoire du passage du monstre Vacher est restée vivace.

Frédéric Boudouresque


La compagnie

Compagnie de théâtre professionnelle créée en 2015, installée à Saint-Denis-en-Bugey dans le département de l'Ain, la compagnie propose un catalogue de neuf pièces de théâtre allant du répertoire classique à l'écriture contemporaine. La compagnie emploie 10 intermittents du spectacle et assure une soixantaine de représentations annuelles à travers toute la France.

Un projet artistique, Un projet citoyen...

Un théâtre populaire pour tous et partout

Nous pensons que la place de la création artistique est au cœur de la vie de la communauté. Créer, partager, échanger dans le même espace ; se côtoyer, se rencontrer au quotidien. Que les artistes, les œuvres, la pratique des activités d'expressions, la rencontre autour de « l'émotion humaine » nous aident à croiser nos regards, grandir côte à côte, imaginer ensemble, vivre ensemble.

Les créations de la compagnie

L'affaire Vacher 2017

Rendez vous avec Jean de la Fontaine 2016

Les Déléage, une famille à l'épreuve de la guerre 2015

Le dernier jour d'un condamné 2015

Merlin 2015

La distribution

Olivier BRUN

Comédien, metteur en scène . Son parcours l'emmène du théâtre de rue aux grandes œuvres classiques. De l'acrobate, musicien en 1994 au festival de théâtre de rue d'Aurillac au monologue du « dernier jour d'un condamné » (Victor Hugo) dans les plus beaux théâtres de France, l'unité de son parcours se retrouve dans la vibration qui l'anime et le désir de transmettre et partager les plus belles émotions humaines.

Gilles Feuvrier

Comédien depuis 25 ans, également conteur, a toujours privilégié le plaisir de jouer et la curiosité de découvrir des univers singuliers. Il aime les projets qui se font rencontrer et raconter l'humain.

Voir la Vidéo

Compagnie par Monts et Merveilles
01640 JUJURIEUX

06 16 07 48 52
compagnieparmontsetmerveilles@gmail.com